
Le château de la Madeleine
Le Château de la Madeleine est un château médiéval situé à Chevreuse, dans le sud du département des Yvelines. Son donjon et ses remparts imposants en font un édifice exceptionnel qui surplombe la vallée de l’Yvette de son empreinte majestueuse. Histoire, patrimoine et environnement se conjuguent dans un site unique.
Le Château de la Madeleine est inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1940. Propriétaire de cette forteresse depuis 1981, le Conseil général des Yvelines, étudie actuellement un vaste projet de restauration, de mise en valeur et d’ouverture au public. L’objectif ? Redonner une nouvelle vie à cette construction millénaire et permettre à tous de redécouvrir son histoire. En effet, des fouilles archéologiques y mettent souvent à jour des vestiges importants.
État et origines
Ce château-fort présente aujourd’hui un donjon et une haute cour. Remparts, tours, douves, porte fortifiée, herse et grange dîmière complètent le tout en une architecture remarquable, telle qu’on se l’imagine le plus souvent pour un château-fort.
Sa première construction a été réalisée par Guy II de Chevreuse à la fin du 12e siècle. La forteresse consiste alors en un grand donjon entouré d’une enceinte de terre et d’une palissade en bois. Le Château a ensuite été modifié et complété de nombreuses fois jusqu’au 15e siècle.
Le Château accueille le siège du Parc Naturel Régional de la Haute-Vallée de Chevreuse.
Une Histoire riche et mouvementée
De l’aube de l’an Mil au 21e siècle, le Château de la Madeleine a marqué plus de 10 siècles d’histoire
Des traces d’occupation et le nom même de Chevreuse apparaissent dès 980. En 1030, Milon 1er et Guy 1er sont les premiers Seigneurs de Chevreuse. Dans la seconde moitié du 12e siècle, le Château est érigé. Il se compose d’un donjon en pierre, d’une enceinte en terre et d’une palissade en bois.
Le Château-fort traverse alors un Moyen Âge tourmenté. En 1306, Philippe le Bel et l’Împératrice de Constantinople y séjournent. Peut-être y ont-ils scellé quelque pacte secret entre l’Empire romain d’Orient et le Royaume de France ? En 1415, Jean-sans-Peur, allié du Roi d’Angleterre, livre bataille et laisse la ville en ruines. Le Château retourne ensuite dans le domaine Royal.
Au 16e siècle, les guerres de religion font rage : en 1590, le Château, déclaré félon, résiste puis tombe face à Henri IV, avant d’être sauvé par de justesse d’une destruction certaine. En 1661 et 1662, Jean Racine, alors en formation à Port-Royal des Champs, supervise les travaux de restauration du Château et y séjourne.
À partir de 1693, le Château appartient à la congrégation des Dames de Saint-Cyr. En 1734, il se transforme en ferme et va même jusqu’à servir de carrières de pierres ! En 1790, il est vendu comme bien national et conserve sa fonction agricole. La famille de Luynes le rachète en 1853, soit près de 200 ans après ses ancêtres. Elle y entreprend des recherches historiques mais, face à l’importance de la tâche, elle renonce à le restaurer,
En 1940, le Château est inscrit à l’Inventaire des monuments historiques. En 1978, il est acheté par un particulier.
Le Conseil général des Yvelines acquiert le Château en 1981 pour le sauver et lui redonner sa cohérence historique. À partir de 1985, les travaux d’urgence et de restauration sont réalisés et permettent d’y accueillir dès 1989 le public et la Maison du Parc naturel de la Haute-vallée de Chevreuse.
Dernières découvertes au château
Durant l’été 2010, une équipe du Service archéologique des Yvelines (SADY) a réalisé des sondages archéologiques dans le donjon. Il était un des rares espaces du château peu exploré par les archéologues. Quatre ouvertures ont été faites afin de mieux connaître l’histoire de ce bâtiment considéré comme l’élément le plus ancien du site. Jusqu’à présent, les historiens proposaient une date de construction autour de la seconde moitié du XIe siècle, car le donjon possède des contreforts plats, caractéristiques de cette période.
De ces sondages, plusieurs informations inédites sont à retenir :
- La date de construction du donjon en pierre et, par là même, du château en pierre est rajeunie. Avec le sondage du mur nord, un fossé profond (environ 2,50 m) et de plus de 5 m de large a été découvert. Il longe le mur nord ; plus précisément, il existait avant et a été comblé lors de la construction du donjon en pierre. Or, les fragments de vases qui y ont été retrouvés datent du milieu du XIIe siècle. Le donjon est donc plus jeune d’un siècle.
- L’aménagement du donjon n’était peut être pas celui que les chercheurs imaginaient. Des contreforts intérieurs ont été découverts le long des murs ouest et est. Les mêmes avaient été mis au jour, lors de fouilles anciennes, au sud du donjon actuel, révélant d’ailleurs la partie effondrée. Ces maçonneries pourraient donc correspondre à des séparations internes du donjon à l’aide de cloisons, aménageant ainsi des pièces bien distinctes au nord et au sud.
- Enfin, dans un des sondages (mur est) les archéologues ont mis au jour le squelette d’un chien assez âgé. La découverte ne serait pas si rare si l’analyse des ossements n’avait pas révélé que l’animal portait les marques d’une vie de chien de bât, utilisé pour transporter des charges lourdes (pierres de la construction ?). Ils montraient également des impacts sur les côtes et l’omoplate auxquels l’animal a survécu. L’utilisation des chiens dans la construction n’était pas connue jusqu’ici avant le XVIe siècle.





