Prolongation de l'Exposition 'J'ai descendu dans mon jardin, Parcs et jardins dans les Yvelines au XIXe siècle', les 19, 20, 21 septembre 2011 de 10h à 18h

PRESENTATION DE L'EXPOSITION

Portrait d'Edouard André (collection particulière) 
Portrait d’Edouard André
par Debat-Ponsan (Collection particulière)

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Du 13 mai au 21 septembre, le Conseil général des Yvelines présente l’exposition J’ai descendu dans mon jardin - Parcs et jardins des Yvelines au XIXe siècle, à l’Orangerie de Madame Elisabeth à Versailles.

Réalisée par les Archives des Yvelines en partenariat avec l’Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles (ENSP), l’exposition J’ai descendu dans mon jardin - Parcs et jardins des Yvelines au XIXe siècle présente l’évolution du paysage et de l’art des jardins depuis la fin du XVIIIe siècle jusqu’à la première guerre mondiale, en la resituant dans le contexte économique, social et scientifique de l’époque. Organisée à l’occasion du centenaire de la mort d’Edouard André, célèbre paysagiste et botaniste, elle fait partie des célébrations nationales du ministère de la Culture et de la Communication.
De nombreux documents et objets provenant de collections publiques et privées, au premier rang des quelles les fonds des Archives des Yvelines, ont pu être rassemblés pour illustrer ce parcours didactique et esthétique.

Cette invitation au voyage dans les parcs les plus prestigieux comme dans les jardins les plus modestes est placée sous le signe de l’unité de lieu, de temps et d’action :

- un espace privilégié où la nature a gardé l’essentiel de ses droits, ponctué par les méandres majestueux de la Seine et foisonnant de ses massifs forestiers, que la proximité du pouvoir central a émaillé de domaines remarquables comme Rosny, Pontchartrain, Thoiry, Breteuil ou Dampierre,

- une période encore méconnue, ce XIXe siècle propice à l’innovation et à la vulgarisation, conjuguant concentration urbaine et besoin d’évasion, audaces stylistiques affranchies des carcans classiques et retour à la règle,

- un double avènement dans l’art des jardins : la progressive constitution de la profession de paysagiste, soutenue par des enseignements de haut niveau, et les avancées de la recherche horticole intégrant l’acclimatation d’espèces exotiques.

Entre la fin de la période révolutionnaire et la veille de la première guerre mondiale, l’on assiste en effet dans cet espace à une extraordinaire effervescence, en termes de création de parcs et de jardins. Au-delà de l’aménagement de grands domaines, dès les premières années du Premier Empire, l’initiative des familles aristocratiques de retour d’émigration avec la Restauration accentue ce mouvement que relaient des commanditaires de la grande bourgeoisie industrielle et financière. Une émulation sans précédent incite alors des propriétaires plus modestes à copier les modèles conçus par des paysagistes de renom et diffusés par les expositions universelles et les revues horticoles : lotissements paysagers déclinant une gamme étendue de créations, villas et maisons bourgeoises cernées de leurs jardins et jardinets procèdent de cet engouement pour une nature savamment orchestrée au fil des modes, et contribuent à forger l’image d’une banlieue attractive pour le ressourcement des Parisiens.

Plusieurs événements ont incité les Archives des Yvelines à explorer plus avant ce territoire d’étude, en excluant toutefois de ce champ le château de Versailles qui aurait justifié à lui-seul une monographie consistante : d’une part, l’accueil de plusieurs fonds prestigieux, tel celui de l’Ecole nationale supérieure d’horticulture venant compléter les papiers de la société d’horticulture de Versailles ; d’autre part, la convention de partenariat souscrite avec l’Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles pour le dépôt de ses archives administratives et pédagogiques ; enfin le centième anniversaire de la mort du paysagiste Edouard André, inscrit au programme des célébrations nationales du Ministère de la culture et de la communication pour 2011.

L’exposition “J’ai descendu dans mon jardin“, propose avant tout de livrer au public des clefs de lecture des créations paysagères les plus représentatives des Yvelines, en découvrant les grandes figures qui les ont conçues, les tendances stylistiques qui les ont inspirées et la variété des interprétations auxquelles elles ont donné lieu, tout en constituant une invitation à la promenade. Pour autant, l’attention du visiteur doit être attirée sur le caractère synthétique d’une présentation contrainte par les limites spatiales et temporelles d’une telle évocation : réduire les sources d’inspiration des “architectes de jardins“, “ingénieurs des jardins“ et autres paysagistes à une succession de courants stylistiques nettement scandés constituerait un raccourci abusif. De même, les dénominations “jardin à l’anglaise“ et “jardin à la française“, inventées à la fin du XIXe siècle pour distinguer une création façonnée par le goût de la nature à la rigueur d’un ordonnancement géométrique, ne sauraient suffire à décrire le foisonnement des formes qui coexistent alors..

A partir de l’évocation des prémices de la fin du XVIIIe que constitue le Désert de Retz, Il convient plutôt d’envisager une évolution poussée par de grands mouvements de fond, déclinés en réalisations parfois éclectiques, combinant des espaces réguliers et des dispositions dictées par une esthétique paysagère. Dans tous les cas, l’exploitation des reliefs, le jeu avec la lumière, l’agencement subtil des couleurs végétales constituent autant de paramètres combinés par les paysagistes et autres “architectes de jardins“.

L’évocation de ces professionnels dont le métier conquiert ses lettres de noblesse au cours du XIXè siècle constitue l’un des points forts de l’exposition, avec les figures de Paul de Choulot, François Duvilliers-Chasseloup, Louis-Sulpice Varé, Edouard André et son fils René-Edouard, Henri et Achille Duchêne. Il est en effet passionnant d’observer le cours progressif de cette reconnaissance, combinée avec celle de l’horticulture, progressivement érigée au rang de science. A cet égard, les Yvelines -et singulièrement Versailles et sa périphérie- ont joué un rôle éminent en matière d’innovation horticole, au titre de la recherche, de l’enseignement et de la vulgarisation, avec l’acclimatation d’espèces exotiques, mais aussi en tant que siège d’entreprises de rayonnement national et international comme Truffaut, ou Martin-Lecointe.

L’innovation du XIXe siècle réside aussi dans une nouvelle approche de l’urbanisme, à l’heure où la Révolution industrielle et la création d’infrastructures ferroviaires incitent de nouvelles franges de population à trouver dans l’Ouest un point d’ancrage privilégié. Les lotissements paysagers de Maisons-Laffitte et du Vésinet constituent les archétypes pionniers d’un nouvel art de vivre “la ville à la campagne“, cher à Alphonse Allais.

Mais l’exposition ne propose pas seulement de fournir des clefs de lecture de l’évolution des jardins. Elle constitue aussi une véritable invitation à la promenade dans les plus beaux parcs et jardins des Yvelines ouverts au public. A côté de l’ouvrage collectif largement illustré qui constitue le catalogue de l’exposition (144 pages, vendu au prix de 10€) et du “Petit journal“ distribué gratuitement une brochure touristique publiée à cette occasion par “Yvelines Tourisme“ guidera le visiteur curieux sur les routes de ce département où la nature a conservé ses droits.