| Du 17 novembre 2005
au 19 février 2006
L’exposition organisée par le Conseil général des Yvelines du 17 novembre 2005 au 19 février 2006 à l’Orangerie de Madame Élisabeth, à Versailles, dévoile un aspect original et inattendu du riche patrimoine des archives départementales. Elle présente pour la première fois une sélection de cartes et plans des XVIIe et XVIIIe siècles d’une qualité exceptionnelle, cartes peu connues car elles ne concernent pas le territoire des Yvelines.
Ces documents, parfois de format atypique, invitent le visiteur à un voyage à travers l’Aquitaine, de la « mer Océane » à la Méditerranée : à partir du phare de Cordouan, nous suivons le cours de la Garonne jusqu’au canal du Midi pour atteindre la Méditerranée et l’Italie. Bordeaux, Pau, les localités du duché d’Antin, Marseille, l’île de Minorque, les places fortes italiennes, l’« État de Milan », la « République des Grisons » sont autant d’étapes du voyage. L’esthétique et la richesse de ces cartes ont naturellement conduit les archives départementales à rechercher les raisons historiques de leur réalisation. Découvrir et comprendre ce patrimoine cartographique exceptionnel, tels sont les buts de cette exposition qu’accompagnera la publication d’un catalogue illustré.
Parmi les documents d’archives, les cartes et plans, par leur aspect figuratif, ont toujours suscité un intérêt particulier. Réalisés pour des besoins administratifs, ces instruments de travail sont aujourd’hui très recherchés pour leur valeur documentaire. C’est à partir du XVIe siècle que la cartographie se développa mais elle prit un essor remarquable aux XVIIe et XVIIIe siècles avec l’apparition d’un personnel spécialisé de géographes permettant de répondre aux besoins nouveaux de l’autorité royale. Ainsi, au sein de la Surintendance des Bâtiments du roi, un corps d’arpenteurs géographes, représenté aux archives des Yvelines par la famille Matis, travaillait pour le domaine royal. A la fin du XVIIe siècle, on vit également l’apparition d’un nouveau corps de cartographes : celui des ingénieurs militaires. Dans le cadre des négociations diplomatiques, des observateurs, parfois agents secrets, réalisèrent des cartes géopolitiques.
Les archives départementales
et le fonds de l’administration royale
En application du décret du 20 avril 1790, les archives des anciennes administrations locales supprimées à la Révolution furent rassemblées dans un seul dépôt au chef lieu de chaque département. Versailles, siège de l’autorité royale, accueillit aussi les archives de l’administration royale réunies dans les quelques pièces du château affectées à cet effet. Si la plupart des documents des ministères furent regroupés en 1818 aux Archives nationales, certains restèrent à Versailles, probablement oubliés. Ce reliquat se compose de documents des domaines royaux situés dans l’actuel département des Yvelines, mais aussi des services attachés au pouvoir royal : la Maison du roi, la Surintendance des Bâtiments du roi, le Secrétariat d’État à la Marine, les Affaires étrangères. La présence importante dans ce fonds de la Surintendance de plans de toutes régions et pays, d’une qualité exceptionnelle, témoigne de sa singularité. La conservation et la valorisation de ce patrimoine unique constituent une des priorités de la direction des archives des Yvelines qui se traduit depuis quelques années par une campagne intensive de restauration et de numérisation.
| | Final dans le golfe de Gênes. Fin 17e siècle. |