Le parc paysager et récréatif à Carrières-sous-Poissy

Contexte

Parc Carrières-sous-Poissy vue aérienneSoucieux d’une gestion équilibrée du capital naturel et paysager des Yvelines, le Département mène une politique active en matière d’environnement.

Il est notamment compétent pour élaborer et mettre en œuvre une politique de protection, de gestion et d’ouverture au public des Espaces Naturels Sensibles (ENS) afin de préserver la qualité des sites, des paysages et des milieux naturels. Le renforcement de l’attractivité du cadre de vie par la pérennisation et la valorisation des espaces naturels est un des axes d’action majeur du Département notamment dans la Vallée de la Seine.

Dans le cadre du projet Seine Park mené à l’échelle du territoire de l’Opération d’Intérêt National (OIN) Seine Aval pour améliorer la qualité de vie des habitants et redonner de l’attractivité au territoire, l’Établissement Public d’Aménagement du Mantois Seine Aval (EPAMSA) a lancé un marché de définition portant sur le développement d’une nouvelle centralité à Carrières-sous-Poissy et l’aménagement d’un Cœur vert au sein de la boucle de Chanteloup. Celui-ci a permis d’identifier, en accord avec la stratégie du Département, une zone naturelle située au Sud-Ouest de la boucle de Chanteloup, comme l’emplacement possible d’un futur « Parc des Bords de Seine ».

Le Conseil général des Yvelines a délibéré favorablement, le 22 octobre 2010, pour la création d’un parc départemental paysager et récréatif à Carrières-sous-Poissy, et l’institution d’une zone de préemption de 113 hectares au titre des Espaces Naturels Sensibles.

Un espace naturel à valoriser

Parc Carrières-sous-PoissyUne centaine d’hectares anciennement dédié à l’exploitation agricole et à l’extraction de granulats au Sud de la boucle de Chanteloup, coupe aujourd’hui la ville de Carrières-sous-Poissy de son rapport à la Seine. Ce large espace, recensé en ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique) de type 2 (Ballastières et zone agricole de Carrières-sous-Poissy) et peu qualifié, tend à s’enfricher et se referme peu à peu. Créer un vaste parc supportant des aménagements légers et bénéficiant d’une gestion différenciée s’est alors imposé comme une solution permettant de garantir la pérennité de ce grand espace ouvert à un coût soutenable sur le long terme.

Le futur parc occupe en effet une place fondamentale : c’est un vaste espace naturel ouvert en bord de Seine qui s’inscrit par sa localisation, sa géométrie et sa nature au cœur de relations entre un site urbain et le fleuve. Non considéré comme un espace isolé, le site s’étire comme une plage depuis le fleuve, et constitue également une rive avancée depuis les quartiers existants et la future nouvelle centralité de Carrières-sous-Poissy.

Le site du futur parc constitue un ensemble cohérent le long de la Seine. Ce grand espace naturel d’un seul tenant allie friches herbacées et arbustives, prairies, zones humides (dont les étangs de la Galiotte et de la Vieille Ferme), berge de Seine, et reste un espace relativement ouvert. Il est presque entièrement classé en zone verte (non urbanisable) du Plan de Prévention des Risques d’Inondation (PPRI), ce qui limite la pression foncière sur cet espace. Et plusieurs types d’usages confidentiels et spontanés existent :

  • quelques cheminements sont accessibles au public, dont certains aménagés par la ville avec un parcours sportif en bords de Seine
  • des cabanes ont été installées sur l’étang de la Galiotte pour la pêche. Une association rassemble les occupants des ces cabanes.

Ces occupations permettent une faible activité sur cet espace, qui reste en partie ouvert aux promeneurs occasionnels. Le projet de parc vise à amplifier et encadrer ces usages pour faire de ce site un véritable équipement public.

Un projet d’ampleur réunissant plusieurs acteurs

Parc Carrières-sous-Poissy

Le parc sera un parc départemental ayant le statut d’Espace Naturel Sensible. De ce fait, la définition juridique d’un ENS exigeant que soit trouvé un équilibre entre fonction récréative et préservation de la biodiversité, seuls des équipements légers d’accueil du public ou nécessaires à la gestion courante des terrains ou à leur mise en valeur à des fins culturelles ou scientifiques seront réalisés.

Le projet est porté par deux maîtrises d’ouvrage :

  • Le Conseil général des Yvelines assure la maîtrise d’ouvrage de l’infrastructure paysagère et écologique du parc (terrassements, traitements de sols, voiries, réseaux divers, travaux de génie écologique, plantations, mobiliers, structures bois, …) pour 16,8 M€ TTC.
  • La Communauté d’Agglomération 2 Rives de Seine (CA2RS) assure pour 3 M€ la maîtrise d’ouvrage des émergences (maison du parc, observatoire, aires de jeux, guinguettes,…).

L’EPAMSA assure la coordination des deux maîtres d’ouvrage au titre de la direction de projet de l’Opération d’Intérêt National (OIN) Seine Aval.

La consultation des entreprises pour les marchés de maîtrise d’œuvre s’est fait en parallèle, et les deux équipes ont été sélectionnées en juillet 2011. Elles travaillent actuellement en phase d’études d’avant-projet (AVP).

L’Agence TER, paysagistes et urbanistes, est le mandataire du groupement de maîtrise d’œuvre du Conseil général des Yvelines. Elle s’appuie sur une équipe composée des sociétés Infraservices (études techniques et infrastructure), Nez-Haut (programmation et scénographie), Ecosphère (génie écologique), Atelier d’Ecologie Urbaine (écologie urbaine et phytoremédiation) et Hydratec (hydrologie).

L’équipe de maîtrise d’œuvre de la CA2RS est composé du mandataire AWP et de HHF (architecte),  EVP (études techniques et structures), Ginger (économiste).

Des engagements forts pour le Conseil général

Le projet de parc représente la volonté d’implication du Conseil général dans :

  • la concrétisation d’un projet emblématique de Seine Park ;
  • une politique d’acquisition active en lien avec les enjeux territoriaux (nouvelle centralité de Carrières-sous-Poissy, OIN Seine aval) ;
  • un projet d’envergure en partenariat avec les collectivités (commune, CA2RS) ;
  • le développement d’un projet d’accueil du public dépassant l’échelle communale, il s’agira du deuxième parc départemental ;
  • la mise en œuvre du programme de valorisation des espaces naturels voté par le Conseil général ;
  • la valorisation de secteur d’intérêt écologique délaissé (puisque le site est classé en Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF).

Des objectifs ambitieux

Les enjeux du projet sont de :

  • rendre le développement urbain soutenable en offrant un espace naturel de qualité ;
  • proposer un nouveau lieu de loisirs de grande dimension pour amplifier et encadrer les usages du site et créer un véritable équipement public en lien avec la Seine ;
  • intégrer le parc dans une continuité de circulations douces en bords de Seine ;
  • conforter la valeur écologique du site et son rôle de maillon dans une continuité écologique ;
  • faire du parc un point d’intensité de Seine Park, tout en modernisant l’image des ENS ;
  • faire du parc une vitrine des engagements du Département en termes d’attractivité du territoire, de valorisation du cadre de vie et de protection de l’environnement.

Les grands principes du projet

Dans le cadre de la démarche « Seine Park » qui vise à revaloriser le fleuve en Seine Aval, l’EPAMSA a piloté en 2010 l’étude de programmation du parc, en concertation avec le Conseil général des Yvelines, la Communauté d’Agglomération 2 Rives de Seine (CA2RS) et la ville de Carrières-sous-Poissy. Les cahiers des charges de la maîtrise d’œuvre ont été définis sur la base des grands principes d’aménagement de cette étude qui a mis en évidence 3 secteurs :

  • une épaisseur active et contemporaine aménagée au profit d’usages récréatifs : la bande active ;
  • une épaisseur proposant une continuité de promenade le long de la Seine : la berge ;
  • entre les deux, la zone dite « espace naturel » plutôt centrale. Un espace naturel à ménager et valoriser.

Ces trois ensembles participent au processus de transition progressive entre la ville et la nature. Le parc sera un espace de convivialité de grande qualité environnementale. L’aménagement paysager améliorera la perception du site depuis la frange urbaine et la Seine. Des vues préalablement définies le mettront en valeur.

La bande active

La zone au contact de la ville, se situant sur la frange Nord du site, sera une bande équipée, assurant la transition entre l’urbanisation et le parc. Elle sera accessible aux personnes à mobilités réduites leur permettant l’accès à certains cheminements dans l’espace naturel. La bande active sera le lieu d’implantation d’équipements structurants et de petites constructions dites « émergences ».

Ces structures pourront être closes pour accueillir des activités fixes ou démontables pour d’autres. Elles seront conçues avec un souci de qualité prenant en charge des aspects environnementaux (HQE, éco-construction…), sociaux et économiques. D’autre part, elles seront implantées dans le respect du PPRI.

Les émergences :

  • la « maison du parc » : environ 200 m². Cet espace est localisé sur la bande active. Il s’agit d’une construction qui doit servir de point de repère au public et aussi de base pour des expositions, évènements, rencontres, ateliers…liés au thème de la nature.
  • la guinguette : environ 200 m² hors emprise terrasse extérieure. Elle proposera une restauration légère à consommer sur place en intérieur ou sur une terrasse extérieure.
  • les kiosques/abris : 900 m² environ pour une dizaine de petites «émergences» présentes de façon permanente sur la bande active.

Les aires diverses :

  • aires de jeux : consacrées aux tout petits et aux plus grands. Elles seront relativement proches pour permettre aux familles de se répartir aisément selon l’âge des enfants sans problème de surveillance des parents. La surface de revêtement sera adaptée, sol amortissant et antidérapant ;
  • jardins familiaux/partagés/écoles : environ 2000 m². Ces jardins seront en relation direct avec la ville ;
  • terrains d’activités pour les adolescents.

L’espace naturel

L’espace naturel est la zone de contact entre la bande active et la berge de Seine.
La mosaïque d’habitats présents sur le site constitue son principal intérêt. Tous les stades de végétation sont présents, chacun accueillant un cortège faunistique et floristique particulier.

La restauration et la valorisation des habitats, de la faune et de la flore du site, la maximisation de la valeur écologique du site et son intégration au corridor écologique de la Seine et à une future trame jusqu’au Nord de la boucle sont les points forts du projet de parc. Pour ce faire, les grandes opérations de restauration proposées visent à redonner une « image » de plaine alluviale avec notamment, la création de hauts-fonds, de roselières et de zones humides en queues d’étangs, la création d’un réseau de mares et dépressions, la restauration ponctuelle des berges des plans d’eau…

L’atteinte de ces objectifs se fera également grâce à un plan de gestion différenciée des différentes zones du site afin d’éviter la fermeture progressive des milieux aujourd’hui ouverts. La gestion économe du parc sera la condition principale de faisabilité du projet.

Un observatoire ornithologique intégré dans le paysage permettra aux visiteurs de venir observer la faune sans émettre aucune nuisance sonore, visuelle ou physique.

La ripisylve et la berge de Seine

La berge de Seine et son cortège végétal associé (ripisylve) sont la zone de contact entre le parc et le fleuve en limite Sud. Cet espace le long de la berge propose une continuité de promenade le long de la Seine.

La reconquête des berges de Seine se traduira par le renfort de cette continuité douce et de son usage en lien avec la structure globale des parcours à l’échelle du corridor de la Seine. Une valorisation paysagère et écologique sera proposée pour la ripisylve et la berge avec notamment  la création d’une grève alluviale, la restauration ponctuelle de la berge de Seine et la restauration de la ripisylve.

Un « point d’intensité » au bord de la Seine permettra la révélation et la reconquête des berges de Seine grâce à une réflexion sur les continuités douces le long du fleuve et sur la préservation des berges.

Le financement

Le budget total soumis est d’environ 3,5 M€. La contribution de la Commission européenne s’élèverait à environ 1,8 M€, dont 1,2 M€ pour le Département, 200 k€ pour la Communauté d’Agglomération 2 Rives de Seine, 347 k€ pour Ports de Paris et 24 k€ pour Ecorem (bureau d’études belge associé dans les actions de suivi du projet).

La subvention LIFE+

Ce projet a vocation à créer un parc de rayonnement européen compte tenu de son exemplarité en matière d’environnement urbain et en particulier de son rôle dans la trame écologique et paysagère en cours d’aménagement dans la boucle de Chanteloup. A ce titre, le Conseil général a déposé un dossier associant la Communauté d’Agglomération 2 Rives de Seine, Ports de Paris, le Syndicat mixte de la Seine et de l’Oise et l’Établissement Public d’Aménagement du Mantois-Seine Aval au titre de l’appel à projet européen LIFE+.

Le programme LIFE+ est l’instrument financier de l’Union européenne subventionnant les projets mettant en œuvre la politique européenne en matière d’environnement.

Le calendrier

  • 2011-2012 : Études
  • 2012 : Démarrage des travaux de préfiguration
  • 2016 : Livraison du parc

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