12 mai ~ 17 juillet 2005 ~ 47 graveurs Français et d'Amérique Latine
      
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Petit glossaire

 

AQUAGRAVURE
Ce procédé d’estampe originale a été mis au point par Bernard Pras à la fin des années 80. Il tire son nom du fait qu’il s’effectue sur une pâte à papier encore fraîche, donc mouillée.
L’idée essentielle est d’imprimer feuille par feuille un papier à l’état de pâte. Le séchage du papier et de l’encre s’effectue en même temps. L’impression intervient avant l’existence de la feuille de papier, ce qui permet d’obtenir des reliefs supérieurs à ceux obtenus par les techniques traditionnelles. C’est aussi le seul procédé qui permet d’éviter l’écrasement du papier au moment de l’impression: la plaque traditionnelle a été remplacée par une matrice faite d’une matière souple et élastique à base de caoutchouc. Cette matrice qui épouse parfaitement la maquette sur bois réalisée par l’artiste est ensuite encrée à la main et s’applique sur la pâte à papier qui, à ce moment, dégage par pression l’eau qu’elle contient.

 

BARBES
Nom donné aux petits émergements du métal de la plaque gravée par déplacement de la matière dont la partie creusée à sec remonte au-dessus du plan de gravure de la plaque. On les trouve dans les techniques de la manière noire et de la pointe sèche.


BURIN
Outil composé d’une tige à l’extrémité acérée et d’un manche en forme de champignon afin que la main le dirige, le burin laboure un trait net en soulevant un copeau de métal. Les approches techniques du burin se sont développées afin de reproduire les qualités visuelles de peintures ou de dessins d’artistes célèbres.

 

EDITION OU TIRAGE
Nombre d’épreuves identiques produites en fonction d’une diffusion. La numérotation apparaît généralement au bas et à gauche de l’image. Ainsi, par exemple, 8/50, signifie que cette image est la huitième d’une édition de cinquante exemplaires. L’artiste peut imprimer quelques épreuves pour son usage personnel, il inscrit alors E.A (épreuve d’artiste) ou A.P (Artist’s proof), voire H.C (hors commerce). Le nombre d’épreuves d’artiste admis généralement est de dixième de l’édition. Celle –ci est limitée et la garantie de cette limitation est affirmée par une épreuve d’annulation, c’est-à-dire, une épreuve qui prouve que l’on a fait subir à l’élément imprimant sa détérioration.

 

GRAVURE EN RELIEF
On entend par gravure en relief les approches qui consistent à graver à l’aide d’outils un support pouvant être une planche de bois, de linoléum ou certaines matières plastiques, les tailles creusées étant destinées à être blanches à l’impression, car l’encre sera déposée sur la surface intacte de la planche.

 

GRAVURE SUR BOIS DE BOUT
Le support utilisé est une planche de bois qui a été coupées transversalement dans le tronc de l’arbre. Ce bois au grain très fin et dont les fibres n’ont pas de direction est taillé à l’aide de burin.
Cette technique servait à la réalisation des clichés avant l’apparition de la photogravure.

 

MANIERE NOIRE (mezzotinte)
Ce procédé permet les fondus les plus fins dans des dessins caractérisés par la qualité esthétique de clair-obscur. La plaque est d’abord grainé uniformément à l’aide d’un outil à la lame courbe et dentelé appelé « berceau ». Chaque dent du berceau creuse une petite cavité entouré de barbe qui retiendra l’encre et donnera le noir velouté caractéristique à cette approche technique. La plaque de cuivre ayant été recouverte de cette texture granuleuse qui donne un noir uniforme, l’artiste procède à la création du dessin en grattant les barbes à l’aide de grattoirs afin d’obtenir des tons de gris et en polissant les surfaces à l’aide de brunissoirs afin d’effacer l’entaille laissées par les dents du berceau et d’obtenir ainsi des blancs.

 

SERIGRAPHIE
Cette technique permet la reproduction facile d’une image en plusieurs couleurs. En utilisant le procédé photo-mécanique, on extrait de l’image à reproduire le jaune, le cyan, le magenta et le noir. L’impression successive de ces quatre couleurs restitue l’image

 

VERNIS MOU
Cette technique permet de créer des empreintes de tissu ou autres matières texturées. L'artiste utilise pour ce faire un vernis rendu plus adhérent par l’addition de suif. Il pose ensuite sur la plaque vernie le matériel dont il désire l’empreinte et il exerce une pression pour que le vernis se détache du métal et adhère sur les reliefs du matériel. L’artiste peut alors procéder à la morsure afin que l’acide creuse les marques de l’empreinte mise à nu. Lorsque encrée, cette empreinte apparaîtra en positif.

     

AQUATINTE
Ce procédé est utilisé pour obtenir des tonalités de gris, des noirs uniformes ainsi que des effets de lavis. Pour créer cette texture fine qui permettra de retenir l’encre selon la densité nécessaire pour les différentes valeurs de gris, l’artiste recouvre d’abord la plaque d’une couche uniforme de résine en poudre. La plaque est ensuite chauffée pour liquéfier et fixer la résine sur sa surface. Le graveur procède alors à la délimitation des formes du dessin en protégeant les zones blanches avec du vernis puis il plonge la plaque dans le bain d’acide. La texture granuleuse de l’aquatinte est créée par la morsure du métal resté à nu entre les grains de résine
L’artiste obtient des gris de tonalités plus ou moins foncées en variant le temps de morsure. On peut aussi obtenir des effets de lavis en appliquant l’acide au pinceau sur la surface.

 

BERCEAU
Outil comportant une lame d’acier courbe bordée de nombreuses petites dents qui permet de couvrir par balancements successifs la surface d’une plaque.


COLLAGRAPHIE
La collagraphie est un procédé par lequel on fabrique une matrice destinée à être imprimée en creux ou en relief ou les deux simultanément en créant des dénivellations par collage de matériaux divers. Le procédé le plus fréquent consiste à créer une matrice sur un support de carton, mais on peut aussi utiliser une plaque de matière plastique.

 

GAUFFRAGE
Impression d’une planche gravée ou perforée. La forte pression de la presse déforme le papier et l’oblige à épouser le relief. Procédé généralement utilisé sans encre.

 

GRAVURE
Terme générique pour toutes les impressions et spécialement pour toutes les techniques de la gravure en creux (taille douce)

 

GRAVURE EN CREUX (intaglio)
La gravure en creux ou intaglio désigne tout l’ensemble des procédés de gravure sur plaque de métal, habituellement le cuivre ou le zinc dont les cavités retiendront l’encre, alors que la surface sera minutieusement essuyée. On distingue deux grandes approches techniques :
-les procédés en taille directe par lesquels le métal est entaillé directement à l’aide d’un outil pouvant être le burin, la pointe-sèche, les roulettes ou le berceau
-les procédés liés à l’eau-forte qui impliquent un ensemble d’approches caractérisé par des traits ou texture creusée à l ‘aide d’un acide qui corrode les surfaces de métal non protégées.

 

IMPRESSION EN CREUX (taille douce)
Pour l’impression d’une matrice dont l’image est inscrite dans les zones creusées, il faut essentiellement que les creux conservent l’encre et que la surface en relief de la plaque reste blanche. Pour ce faire, il faut encrer la plaque en poussant bien l’encre dans les tailles creusées. On procède ensuite à l’essuyage de la surface de la plaque à l’aide d’une tarlatane sorte de coton à fromage légèrement empesé, ou de morceaux de papier ou de la paume de la main. On place ensuite la plaque sur le lit d’une presse à cylindre. Une feuille de papier humidifiée est déposée sur la plaque et on recouvre le tout d’un feutre pour finalement passer sous la pression exercée par le cylindre de la presse. L’encre fortement pressée sortira et sera transmise à la surface du papier

 

PHOTOGRAVURE
Il est possible de transférer une image photographique, sur une plaque de métal afin de pouvoir imprimer cette image selon le procédé d’impression en creux. Pour obtenir l’image photographique en creux sur la plaque de métal, on recouvre d’abord la plaque de pellicule ImagOn, celle-ci ayant la propriété de devenir plus résistante lorsqu’elle est atteinte par les rayons de lumières ultraviolets. La différenciation entre la zone du dessin qui doit être en creux et la zone de relief se fait en utilisant un typon qui est une pellicule plastique transparente sur laquelle l’image apparaît en zones opaques. On pose le typon sur la surface photosensible et on procède à l’insolation. Les rayons ultraviolets durcissent la pellicule non protégée alors qu’au contraire celle-ci restera fragile là où les zones opaques du typon auront empêché la lumière de traverser. On procède à l’enlèvement de la pellicule non atteinte par la lumière de à l’aide d’une solution aqueuse de carbonate de soude. Ces zones seront donc plus creuses et elles pourront être encrées et essuyées à la façon plaques d’intaglio sans que l’on fasse subir à la plaque un bain d’acide, car la seule dénivellation créée dans la pellicule est suffisante. Il est cependant possible de creuser la plaque à l’aide d’acide et d’enlever la pellicule avant de procéder à l’impression.

 

AQUATINTE AU SUCRE
Ce procédé est une variante de l’aquatinte mise au point afin que l’application du vernis au pinceau puisse donner un motif positif, l’aquatinte classique impliquant, au contraire, de recouvrir de vernis les parties blanches entourant le motif. L’artiste procède en deux opérations. Il crée d’abord son dessin au pinceau en utilisant comme liquide protecteur une solution visqueuse d’eau saturée de sucre ou de sirop de maïs. Quand le dessin est presque sec, il recouvre toute la surface de la planche d’une mince couche de vernis pour eau-forte. Lorsque ce vernis, il plonge la plaque dans un bain d’eau chaude qui ramollit le sucre et soulève le vernis qui le recouvre. Le métal correspondant au dessin est alors mis à nu tandis que le reste de la plaque demeure protégé par le vernis. Pour que le dessin apparaisse en noir ou en valeurs de gris, l’artiste applique une résine sur la plaque et procède à la morsure de l’aquatinte

 

BRUNISSOIR
Outil servant à aplatir les barbes émergeant de la plaque, ou bien à atténuer des tailles.

 

EAU-FORTE
Ce terme désigne l’ensemble des procédés par lesquels une plaque de métal est gravée par l’acide. Pour fabriquer la matrice, il faut que les parties blanches soient protégées par un vernis et que le métal soit mis à nu là où le dessin doit être attaqué par l’acide. La plaque ainsi préparée est plongée dans un bain d’acide et le métal est creusé plus ou moins profondément selon le temps d’immersion de la plaque et la force de l’acide.

 

GOUGE
Outil dont la lame métallique fixée sur un manche en bois a un profil en creux arrondi qui permet de creuser la planche de gravure sur bois pour achever de dégager les parties restant saillantes

 

GRAVURE AU CARBORUNDUM
Son utilisation en gravure date du milieu du xxème siècle. C’est un mélange de carbone et de silicium dilué à chaud avec une résine plastique.

 

GRAVURE SUR BOIS
L a planche est utilisé dans le sens du fil. Sont délimités au canif les surfaces qui précisent le dessin souhaité. A l’aide de ciseaux ou de gouge, le niveau des surfaces ne devant apparaître à l’impression, est abaissée. La gravure sur bois est imprimée à l’aide d’une presse ou à l’aide d’une cuillère ou d’un bren. Elle est généralement conçue pour utiliser en contraste le noir et le blanc. A la fin du 19ème siècle, l’emploi du papier verré introduit la possibilité de nuances. Elle peut être encrée comme une gravure en creux, ce qui entraîne parfois une difficulté d’identification des techniques.

 

LINOGRAVURE
Son principe est semblable à celui de la gravure sur bois mais la taille en est plus aisée. Le linoléum, matériau composé d’une toile de jute à la base et d’un agglomérat de poudre de liège, d’huile de lin et de gomme, possède une texture homogène parfaitement plane et régulière. Brûlé ou attaqué par des acides, il s’invente des matières dont l’artistes peut profiter.

 

POINTE-SECHE
La pointe-sèche est une tige de métal ronde et à la pointe acérée. Elle attaque le métal en soulevant une barbe de chaque côté de trait. C’est cette dentelle fragile de métal qui retiendra l’encre à l’encrage et donnera un caractère échevelé au trait. La barbe aura cependant tendance à s’écraser sous la pression de la presse et ce procédé ne permet que de très petits tirages, à moins d’aciérer la plaque par procédé d’électrolyse.

 

TECHNIQUE MIXTE
Ce terme couvre la combinaison de différentes techniques d’impression de gravures. Durant ce dernier siècle, le développement de la gravure a eu tendance à éliminer les catégories spécifiques, traditionnelles. Si, pour réaliser une gravure en couleur on dessinait autant de planches qu’il y avait de couleurs, Hayter lui, un grand novateur, emploie les différentes profondeurs des morsures pour les remplir d’encre de viscosités distinctes et obtenir ainsi plusieurs couleurs en un seul passage à la presse. Un autre développement de la gravure est celui qui consiste à, non plus creuser le métal, mais à y faire adhérer différentes poudres donnant des reliefs. Possibilités infinies.

 




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