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éfinir
ce qui distingue la gravure latinoaméricaine de celle pratiquée
dans les pays européens n’est guère aisé, pour
au moins deux raisons. L’une est due à l’important
développement de cette discipline
au niveau international et aux échanges techniques et artistiques
qui se sont développés au niveau mondial depuis le milieu
du XXè siècle. L’autre raison vient de ce que les
conquistadors européens (espagnols, portugais…) emmenèrent
avec eux
au XVè et XVIè siècles leurs traditions et leurs
cultures.
C’est ainsi que les premières manifestations de la gravure,
en Argentine et dans les pays voisins, remontent à 1705, au moment
de l’installation des colonies jésuites
et des missionnaires. Un livre religieux fut illustré de gravures
sur bois réalisées par des indiens natifs. Curieusement,
la gravure japonaise trouve aussi ses origines dans la gravure sur bois
en relation directe avec la religion.
Quelques années plus tard,
la lithographie se développa
en Amérique du sud, mais ce fut grâce à l’apport
de César H. Bacle… né
en Suisse… à quelques dizaines
de kilomètres de Senefelder, le génial inventeur du procédé
! Les influences européennes sur les thèmes autant que sur
les techniques sont donc restées profondes pendant longtemps.
Ce n’est qu’au début du XXè siècle
que la gravure sud-américaine prit ses distances, notamment avec
Guillermo Facio Hebequer (1889-1935) et ceux qu’on nommait les “artistes
de village” exprimant les voeux latents et les efforts de leurs
groupes ethniques.
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Dorénavant, apparaîtront des thèmes plus spécifiques,
des allusions plus fréquentes aux signes et symboles indigènes,
indiens et précolombiens. Dorénavant aussi, la présence
de figures humaines typiques, les évocations du folklore traditionnel
mais aussi des problèmes de société seront monnaie
courante. Toutefois, dans ces gravures comme souvent aussi dans les oeuvres
d’artistes tchèques, polonais, slovaques, le grotesque remplace
le dramatique,
et l’ironie est préférée à la critique
radicale. Le sous-entendu y trouve largement sa place. Mais il ne serait
pas correct de réduire les prospections des artistes latino-américains
à ce seul trait.
Comme tous les artistes du monde,
ils parlent la langue universelle
de l'image, en ce qu’elle incite
à la conceptualisation de leur culture
et de leurs problèmes existentiels,
en ce qu’elle comporte d’interrogations sur les moyens techniques
à utiliser, en ce qu’elle contient de charge expressive plutôt
que de joliesse.
a
nouvelle génération de graveurs s’est libérée
de la longue tradition de la gravure sur bois de bout, de l’aqua-tinte
classique pour s’ouvrir
à la collographie, au carborandum,
à l’inclusion de fragments de textes
ou d’images populaires, les transferts de photocopies et la photogravure,
les techniques dites “mixtes” qui parfois accusent des reliefs
importants, d’autant plus tridimensionnels qu’ils s’appliquent
sur du papier fait main. Le principe de la destruction des genres artistiques
hérités du passé,
et la rupture avec les chemins traditionnels impliquent une révision
du processus de création.
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Depuis les années 90, les artistes sudaméricains s’y
sont livrés avec succès. Comme partout ailleurs,
le minimalisme, l’abstraction lyrique
ou géométrique sont des terrains
de recherche fort fréquentés. En art,
il n’existe pas de progrès (peut-on dire que les fresques
de Matisse sont plus belles que celles de Pompéi ou de Lascaux
?) En art, il n’existe pas d’exclusivité de la démarche
(peut-on dire que les oeuvres de Malevitch portent plus de spiritualité
que celles de Rothko) Mais en art, l’interrogation sur ce que l’on
a à dire, la lutte avec
le matériau et la tension née de l’expérimentation
permanente sont fondamentaux.
e
qu’ils ont à dire, ces artistes le savent et le portent haut.
Leurs images ne s’encombrent pas d’effets enjolivants. De
l’âme à l’état pur. Dans ce qu’elle
contient
de tendresse ou de véhémence.
Du trait jeté, griffé comme une cicatrice plutôt que
lissé. Ces gravures présentent moins de sophistications
techniques que celles pratiquées souvent au Japon par exemple.
A chacun sa culture. Il existe un côté direct - abrupt même
- dans le travail de la plaque de métal, du linoléum, dans
le bois de fil qui fait penser
au néo-expressionnisme allemand,
à Käthe Kollwitz, Baselitz, à bien
des artistes d’Europe centrale pour
qui l’acquisition de matériel pose
(ou posait) problème. C’est que l’économie de
moyens est souvent porteuse d’une plus grande force expressive.
Claude Sinte
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efinir
lo que distingue
el grabado latinoamericano con lo que se practica en los países
europeos no resulta nada fácil, y esto por dos razones como mínimo.
Una de ellas
se debe al importante desarrollo de esta disciplina a nivel internacional,
y a los intercambios técnicos y artísticos que se desarrollaron
a nivel mundial desde mediados del siglo XX. La otra razón, se
debe a que los conquistadores europeos (españoles, portugueses…)
llevaron consigo,
en el transcurso de los siglos XV y XVI,
sus tradiciones y culturas.
Por ello, las primeras manifestaciones del grabado, en Argentina y en
los países vecinos, remontan a 1705, en el momento del establecimiento
de las colonias jesuitas y de los misioneros. Se ilustró un libro
religioso de grabados en madera que fue realizado por indios nativos.
Curiosamente, el grabado japonés extrae igualmente sus raíces
del grabado en madera y está relacionado directamente con la religión.
¡Algunos años más tarde, comenzó
a desarrollarse la litografía en Sudamérica, pero esto fue
gracias
a la contribución de César H. Bacle… nacido en Suiza…
a unas decenas
de kilómetros de Senefelder, el brillante inventor del procedimiento!
Las influencias europeas tanto en los temas como en las técnicas
fueron considerables durante mucho tiempo.
Solamente a principios del siglo XX, fue cuando el grabado sudamericano
comenzó a distanciarse, principalmente, con Guillermo Facio Hebequer
(1889-1935) y aquéllos
a quienes se llamaban los “artistas
del pueblo” que expresaban los deseos latentes y los esfuerzos
de sus grupos étnicos.
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En adelante, aparecerán temas más específicos, alusiones
más frecuentes a los signos y símbolos indígenas,
indios y precolombinos. En lo sucesivo asimismo, la presencia de figuras
humanas típicas, las evocaciones
del folclore tradicional, pero igualmente los problemas
de la sociedad serán moneda corriente. No obstante, en esos grabados,
como sucede a menudo igualmente en las obras de artistas checos, polacos,
eslovacos, lo grotesco reemplaza lo dramático, y se prefiere la
ironía a la crítica radical. Lo sobre-entendido ocupa en
esas obras una plaza importante. Pero no sería correcto reducir
las prospecciones
de los artistas latinoamericanos
a esta sola característica.
Al igual que todos los artistas
del mundo, hablan la lengua universal de la imagen, por lo que incita
a la conceptualización de su cultura
y sus problemas existenciales,
por lo que implica interrogaciones sobre los medios técnicos que
deben utilizarse, por lo que ella contiene
de carga expresiva más bien
que de preciosidad.
a
nueva generación de grabadores se liberó de la larga tradición
del grabado
en madera de testa, de la acuatinta clásica para abrirse
a la holografía, al carborandum,
a la inclusión de fragmentos de textos o imágenes populares,
a las transferencias de fotocopias y al fotograbado, las técnicas
dichas “mixtas”, que a veces acusan relieves importantes,
tanto más tridimensionales cuanto que se aplican sobre papel hecho
a mano. El principio de la destrucción de los géneros artísticos
heredados del pasado,
y la ruptura con los caminos tradicionales implican una
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Desde los años 90, los artistas sudamericanos se dedicaron a ello
con éxito. Como en cualquier otro sitio, el minimalismo, la abstracción
lírica o geométrica son terrenos
de investigación muy frecuentados.
En arte, no existe el progreso (¿podríamos decir que los
frescos
de Matisse son más bellos que los de Pompéi o Lascaux?)
En arte, no existe la exclusiva del trámite (¿podríamos
decir que las obras de Malevitch contienen más espiritualidad que
las de Rothko?). Pero en arte, la interrogación sobre lo que se
desea decir, la lucha contra el material y la tensión nacida de
la experimentación permanente representan elementos fundamentales.
o
que desean transmitir estos artistas lo saben y lo transmiten con fuerza.
Sus imágenes no están recargadas con efectos embellecedores.
Del alma al estado puro. Por la ternura o vehemencia
que contienen. Del trazo tirado, rasgado, como si fuera una cicatriz
en vez de alisado. Estos grabados presentan menos sofisticaciones técnicas
que los que a menudo se practican en Japón, por ejemplo.
A cada uno su cultura. Existe un lado directo - incluso tosco - en el
trabajo de la placa de metal, del linóleo,
en la madera de hilo, que hace pensar en el neoexpresionismo alemán,
en Käthe Kollwitz, Baselitz, en muchos artistas de Europa Central,
para quienes la adquisición del material
les plantea (o planteaba) problemas. Ya que la economía de medios
es frecuentemente portadora de una mayor fuerza expresiva.
C. S.
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